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Le secret

René de Obaldia

› š


 

Sur le chemin près du bois

J'ai trouvé tout un trésor :

Une coquille de noix

Une sauterelle en or

Un arc-en-ciel qu'était mort.

 

A personne je n'ai rien dit

Dans ma main je les ai pris

Et je l'ai tenue fermée

Fermée jusqu'à l'étrangler

Du lundi au samedi.

 

Le dimanche l'ai rouverte

Mais il n'y avait plus rien !

Et j'ai raconté au chien

Couché dans sa niche verte

Comme j'avais du chagrin.

 

Il m'a dit sans aboyer :

«Cette nuit, tu vas rêver.»

La nuit, il faisait si noir

Que j'ai cru à une histoire

Et que tout était perdu.

 

Mais d'un seul coup j'ai bien vu

Un navire dans le ciel

Traîné par une sauterelle

Sur des vagues d'arc-en-ciel !

 

Innocentines.


René de Obaldia est né à Hong-Kong en 1918. Romancier, auteur dramatique, il a publié deux receuils de poèmes : Les richesses et Innocentines, ce dernier destiné aux enfants de 2 à 75 ans... Tout un programme !

Explication brève.

Commencer par qualifier le trésor (première strophe) et son secret (« personne », « rien dire », « fermée », « étrangler » dans la durée « du lundi au samedi » : deuxième strophe). La magie de la troisième strophe se traduit par le point d'exclamation, « plus rien » rime avec « chagrin ». Cela même au désespoir de la quatrième strophe (« tout était perdu ») laissant la porte grande ouverte au bonheur (dernière strophe) avec le trésor trouvé et métamorphosé (la coquille en navire, la sauterelle en cheval et l'arc-en-ciel en vagues du ciel devenu océan).

 

(collectionné d'une compilation publiée par l'Alliance Française de Dacca)


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